Le mot chronique peut être inquiétant. Pourtant, il ne signifie pas forcément qu’un chat sera malade chaque jour jusqu’à la fin de sa vie.
Certains chats sont très bien stabilisés par l’alimentation, d’autres nécessitent un traitement régulier et certains connaissent des rechutes ponctuelles.
Que faut-il surveiller au quotidien ?
Se fier uniquement à l’impression générale n’est pas toujours suffisant. Les entéropathies chroniques peuvent évoluer par périodes, avec des semaines très calmes puis une reprise des symptômes.
Quelques indicateurs simples sont particulièrement utiles :
- le poids ;
- la masse musculaire ;
- la fréquence des vomissements ;
- l’appétit ;
- la fréquence et la consistance des selles ;
- le niveau d’activité et le comportement.
Pourquoi le poids et la masse musculaire comptent-ils autant ?
Une perte de poids progressive peut être difficile à repérer à l’œil nu. Des pesées régulières permettent de détecter une évolution avant qu’elle devienne évidente.
La masse musculaire mérite également d’être observée car un chat peut perdre du muscle tout en conservant de la graisse abdominale.
Une reprise de poids n’est donc pas le seul objectif : le maintien d’un bon état corporel et musculaire compte tout autant.
Le carnet de suivi : un outil simple mais utile
Un tableau très simple peut suffire :
Date | Poids | Appétit | Vomissements | Selles | Alimentation | Traitement | Remarques
Au bout de plusieurs semaines, il devient plus facile de repérer une tendance et de comparer objectivement les périodes d’amélioration ou de rechute.
Ce carnet permet aussi d’arriver en consultation avec des informations précises plutôt qu’avec un souvenir approximatif des dernières semaines.
Une MICI peut-elle rechuter ?
Oui. Une maladie chronique peut alterner périodes de rémission et reprise des symptômes.
Si un chat auparavant stabilisé recommence à vomir ou à perdre du poids, plusieurs hypothèses peuvent être envisagées :
- la maladie s’est réactivée ;
- l’alimentation n’est plus suivie aussi strictement ;
- le traitement doit être réévalué ;
- une autre maladie est apparue ;
- le diagnostic initial mérite d’être reconsidéré.
Une rechute n’est donc pas simplement synonyme d’« échec ». Elle peut apporter une nouvelle information sur la maladie et conduire à ajuster la prise en charge.
Quel est le pronostic ?
Il n’existe pas un pronostic unique applicable à tous les chats atteints de MICI ou d’entéropathie chronique.
Il dépend notamment de la maladie réellement présente, de sa gravité, de la réponse à l’alimentation, de la réponse aux traitements, des maladies associées et de l’état nutritionnel du chat.
Une étude de suivi à long terme portant sur des chats atteints d’entéropathie inflammatoire chronique a montré que certains pouvaient rester en rémission clinique pendant de longues périodes, notamment parmi les chats répondant à l’alimentation.
Ces résultats ne doivent cependant pas être transformés en durée de vie garantie pour un animal individuel.
Qu’est-ce que la triadite du chat ?
Chez certains chats, une maladie intestinale peut coexister avec une atteinte du pancréas et des voies biliaires.
Le terme triadite est couramment utilisé pour désigner l’association d’une inflammation intestinale, d’une pancréatite et d’une cholangite.
Cette association explique pourquoi le bilan ne s’intéresse pas uniquement à l’intestin lorsque les symptômes persistent ou deviennent atypiques.
Quand faut-il recontacter le vétérinaire ?
Une nouvelle perte de poids, une baisse d’appétit, une augmentation des vomissements, une modification importante des selles ou une dégradation de l’état général justifient une réévaluation.
Il est également utile de consulter lorsque la réponse au traitement change ou lorsqu’un chat jusque-là stable présente un nouveau symptôme.
Vivre avec une entéropathie chronique
La prise en charge repose surtout sur la régularité : une alimentation adaptée, les médicaments lorsqu’ils sont nécessaires, un suivi du poids et des symptômes et une réévaluation lorsque la situation évolue.
Le but n’est pas de surveiller le chat en permanence, mais de disposer de suffisamment de repères pour reconnaître rapidement une évolution importante.
L’objectif final reste la meilleure qualité de vie possible avec le moins de symptômes possible.
Pour reprendre la série depuis le début : comprendre les MICI et les entéropathies chroniques chez le chat.