Lorsqu’un chat vomit régulièrement, maigrit ou présente des troubles digestifs persistants, le vétérinaire ne peut pas confirmer une MICI avec une seule prise de sang ou une seule échographie.
Le diagnostic se construit progressivement, en recherchant d’abord les autres maladies capables de provoquer les mêmes symptômes.
À retenir : les examens décrits ici sont généraux. Le bilan réellement nécessaire dépend de l’âge du chat, de ses symptômes et de son état général.
Tout commence par l’histoire du chat
Avant les examens complémentaires, le vétérinaire recueille un maximum d’informations : depuis quand les signes sont-ils présents ? À quelle fréquence le chat vomit-il ? A-t-il perdu du poids ? Son appétit a-t-il changé ? Que mange-t-il exactement ? A-t-il reçu des médicaments ? Comment sont ses selles ?
Cette étape paraît simple, mais elle permet déjà de hiérarchiser les hypothèses et d’orienter le bilan.
Pourquoi parle-t-on de diagnostic d’exclusion ?
Les symptômes des entéropathies chroniques sont peu spécifiques. Vomissements, amaigrissement ou diarrhée peuvent également être observés lors d’autres maladies.
Selon le cas, le vétérinaire peut notamment rechercher :
- des parasites ou certaines infections ;
- une maladie rénale ;
- une hyperthyroïdie ;
- une maladie hépatique ou biliaire ;
- une maladie pancréatique ;
- une insuffisance pancréatique exocrine ;
- une réaction à l’alimentation ;
- une anomalie digestive ou une maladie tumorale.
L’objectif est d’éviter d’attribuer trop rapidement les symptômes à une MICI alors qu’une autre cause peut les expliquer.
Le poids et la masse musculaire donnent déjà des informations
Une perte de poids modérée peut être difficile à voir à l’œil nu. Le vétérinaire ne regarde donc pas uniquement le chiffre sur la balance.
Il évalue également l’état corporel, la masse musculaire, l’hydratation, l’abdomen et l’état général.
Un chat peut conserver de la graisse abdominale tout en perdant progressivement du muscle. Cette fonte musculaire peut passer inaperçue si l’on se fie uniquement à son apparence générale.
Que peut montrer la prise de sang ?
La prise de sang ne répond pas directement à la question « MICI ou pas MICI ? ». Elle sert surtout à rechercher d’autres maladies et à évaluer les conséquences éventuelles du trouble digestif.
Selon le contexte, le bilan peut comprendre une numération sanguine, un bilan biochimique, une analyse urinaire, un dosage thyroïdien chez certains chats et d’autres examens ciblés.
Pourquoi doser la vitamine B12 ?
La cobalamine, ou vitamine B12, est absorbée dans la partie terminale de l’intestin grêle. Une baisse de sa concentration sanguine peut être observée chez certains chats atteints de maladie digestive chronique.
Une valeur basse peut donc apporter une information utile et conduire à une supplémentation. En revanche, une B12 normale n’exclut pas une entéropathie chronique.
Pourquoi analyser les selles ?
Des parasites ou certaines infections peuvent provoquer des troubles digestifs persistants ou intermittents. Selon le mode de vie et les symptômes, des analyses de selles ou une stratégie antiparasitaire peuvent faire partie du bilan.
Le principe reste le même : avant de qualifier une inflammation d’idiopathique, il faut rechercher les causes connues susceptibles de l’expliquer.
À quoi sert l’échographie abdominale ?
L’échographie est l’un des examens les plus utiles lors de troubles digestifs chroniques. Elle permet d’observer la paroi intestinale, ses différentes couches, certains ganglions et d’autres organes abdominaux comme le foie, les voies biliaires ou le pancréas.
Elle peut aider à repérer les zones les plus anormales et à préparer la suite du diagnostic.
Mais elle possède une limite importante : elle ne permet pas de différencier de manière fiable une maladie inflammatoire intestinale d’un lymphome intestinal de bas grade. Les deux peuvent produire des images proches.
Pourquoi l’alimentation fait-elle partie du diagnostic ?
Certains chats présentant des troubles digestifs chroniques s’améliorent nettement après la mise en place d’une alimentation thérapeutique adaptée.
Cette réponse permet de classer certains cas parmi les entéropathies répondant à l’alimentation. L’essai alimentaire n’est donc pas simplement un changement de croquettes : il fait partie du raisonnement diagnostique.
Pour être interprétable, il doit être suffisamment strict. Friandises, restes, compléments aromatisés ou accès à la gamelle d’un autre animal peuvent fausser le résultat.
Quand faut-il aller plus loin ?
Si les symptômes persistent malgré le bilan initial ou si la distinction entre inflammation et lymphome devient importante, des prélèvements digestifs peuvent être proposés.
Cette étape fait l’objet du prochain article : MICI ou lymphome intestinal : comment les différencier ?